Les carottes rendent-elles aimables ?

Vu sa démocratisation dans la consommation occidentale actuelle, on pourrait avoir du mal à s’imaginer que, jusqu’à récemment à l’échelle de l’histoire, la carotte n’était consommée que de façon marginale. Les Grecs de l’antiquité l’a mentionnaient dans leurs ouvrages, mais pas pour son pouvoir d’amabilité. Comme sa forme primitive était plutôt amère et fibreuse, on s’est surtout intéressé à ses nombreuses propriétés médicinales. C’est que nous allons plutôt faire ici, le titre de l’article vous aura au moins amené à l’ouvrir.

Le goût de la carotte, c’est le goût de l’enfance douillette mais surtout la texture de la tendresse. Quand elle est crue, c’est sa fraîcheur sèche qu’on recherche. Et on cherche bien, car deux études chez l’animal ont montré que la consommation de carottes agissait sur certains facteurs favorisant la santé cardiovasculaire, plutôt intéressant chez le sportif. Plus encore, consommer des carottes améliorerait la capacité antioxydante et le taux de vitamine E dans le sang, en plus de diminuer le cholestérol et les triglycérides du foie et dans le sang.

Lorsqu’on vous dit que l’alimentation est votre meilleure médecine, la carotte en fait la preuve. Sa consommation aurait des effets protecteurs contre le cancer du poumon. Une étude effectuée auprès de plus de 120 000 femmes a conclu que celles qui consommaient de 2 à 4 portions de carottes par semaine présentaient 40 % moins de risque de souffrir d’un cancer du poumon comparativement à celles qui n’en consommaient pas. Avec une consommation de 5 portions ou plus, la diminution du risque atteignait 60 %. Aussi, une étude d’observation a permis de constater que les personnes qui consommaient 2 portions ou plus de carottes ou d’épinards par semaine avaient 44 % moins de risque d’avoir un cancer du sein que celles qui n’en consommaient pas. Pour finir, deux autres études observationnelles ont conclu à une diminution de la prévalence de cataractes chez les hommes et les femmes ayant davantage d’alpha et de bêta-carotène dans le sang. Mais que contient donc la carotte ?

Les principaux caroténoïdes retrouvés dans la carotte (crue, cuite ou en jus) sont le bêta-carotène, la lutéine et le zéaxanthine. Les caroténoïdes sont des composés ayant, entre autres, des propriétés antioxydantes, c’est-à-dire qu’ils sont capables de neutraliser les radicaux libres du corps. Plusieurs caroténoïdes sont également des précurseurs de la vitamine A, c’est-à-dire que le corps les transforme en vitamine A selon ses besoins. Mais les caroténoïdes en suppléments peuvent-ils être pro-oxydants ? La littérature scientifique suggère que les caroténoïdes (bêta-carotène et lycopène) pris en suppléments à des doses très élevées perdent leur capacité antioxydante et peuvent même devenir pro-oxydants. Ils pourraient alors être impliqués dans l’apparition de cancers, de maladies cardiovasculaires et d’autres maladies chroniques. On ne le dira jamais assez, il serait donc préférable de rechercher les caroténoïdes dans les aliments plutôt que sous la forme de suppléments afin de profiter au maximum de leurs bienfaits. Parallèlement, des auteurs ont avancé que l’apport simultané des fibres et des caroténoïdes, tous deux présents dans la carotte, maximiserait l’effet protecteur de ce légume.

Vous le savez, tout est surtout une histoire d’assimilation de ces nutriments. Comme au Foot, c’est bien beau de faire un jolie centre, reste encore à marquer le but. Pour mieux assimiler les caroténoïdes des carottes, prenez-les avec une source de (bon) gras, par exemple, un peu d’huile, des noix ou du fromage. C’est un élément important dans la consommation de votre carotte puisque les caroténoïdes sont des composés liposolubles (solubles dans le gras). Voici donc l’astuce dans des salades avec des morceaux de carottes crues par exemple (Avouez qu’une salade de concombres et de carottes découpées en petits dés, marinées dans l’huile d’olive et du citron vert, des herbes et des noix, c’est pas trop mal tout de même). Autrement, pour finir sur l’assimilation, faites-les cuire, puisque la cuisson semble également augmenter leur absorption. J’en profite pour le dire, la cuisson ne freine en rien une perte de poids. Encore une légende qu’on pourrait inscrire dans les fausses idées du site. Bien que l’index glycémique de la carotte cuite soit élevé, sa charge glycémique, elle, est plutôt faible, car la quantité de glucides d’une portion normale est modérée. La consommer, crue ou cuite, ne constitue donc pas un frein à la perte de poids. De plus, ses avantages nutritionnels sont trop importants pour que l’on s’en prive. À noter que la carotte crue est plus sucrée que la carotte cuite.

Encore une chose, plus elles sont colorées, mieux c’est. La distribution de masse a imposé le standard des carottes bien oranges. Pourtant, les carottes marron contiendraient 2 fois plus de bêta-carotène que les carottes orange, tandis que les jaunes en revanche, en contiendraient très peu et les blanches, pas du tout. La carotte marron donne l’impression d’être plus sucrée que la carotte orange dont le goût est masqué en raison de ses composés volatils. Cependant, la quantité de glucides totaux dans ces carottes ne diffère pas de façon significative d’une variété de carotte à l’autre. Les carottes blanches contiennent très peu de vitamine C, contrairement aux carottes orange ou marron, qui en contiendraient le plus. Pour vrai dire, pour cuisiner, faîtes comme bon vous semble avec les couleurs, mais vous êtes prévenus de leurs pouvoirs respectifs.

  1. Soupe curry carotte : Avec 1 kg de carotte, 2 oignons, 1 l d’eau, du poivre et 1 cuillère à café de curry en poudre. Tout d’abord émincer carottes et oignons, puis mettre les carottes, les oignons, l’eau et un peu de poivre dans une casserole. Porter à ébullition, couvrir et laisser mijoter jusqu’à ce que les carottes soient très tendres. Retirer du feu et laisser légèrement refroidir, pour ensuite passer la soupe au mixer ou au moulin à légumes. Ajouter le curry et mélanger. Cette soupe est très peu calorique et pleine de goût.
  2. La carotte crue : Les personnes qui suivent un régime amaigrissant peuvent essayer de tromper une faim passagère en croquant 1 ou 2 carottes.
  3. La carotte en jus par saison : Avec un extracteur, préparez trois ou quatre carottes avec quelques feuilles de menthe, l’été ou deux carottes, une tomate, une branche de céleri, l’automne, mais encore deux carottes et une orange pressée, l’hiver.

Source : Recherche et révision scientifique sous la direction de Louise Corneau, Dt.P., M.Sc., nutritionniste, Institut des nutraceutiques et des aliments fonctionnels (INAF), Université Laval.

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